L’évolution rapide de l’IA devrait radicalement transformer les architectures de réseau, les stratégies de cybersécurité et la nature même des menaces numériques en 2025. À mesure que le traitement de l’IA laisse place à un modèle décentralisé, la demande de réseaux plus agiles, réactifs et sécurisés va rapidement s’intensifier.

Parallèlement, les cybercriminels opérationnalisent l’IA à leurs propres fins, rabaissant les obstacles au lancement d’attaques de plus en plus sophistiquées. Dans cet environnement en mouvement, les entreprises doivent s’adapter à l’évolution des menaces et investir dans des stratégies avancées de détection et de réponse pour se protéger contre ces nouveaux risques.

Une tribune proposée en exclusivité sur Goodtech.info par Erik Nordquist, Global Managed Security Product Director chez GTT Communications.

Alors que l’IA continue de façonner l’innovation technologique et les pratiques même de la cybersécurité, le rôle de l’expertise humaine dans la gestion de ces systèmes va rester crucial.

Le traitement décentralisé de l’IA va redéfinir les architectures de réseau

Les progrès technologiques des puces ont doté les appareils des utilisateurs, comme les smartphones et les ordinateurs portables, d’une capacité croissante à traiter les charges de travail de l’IA de manière locale. Moins dépendant des centres de données pour traiter les charges de travail de l’IA, le nouveau paradigme de traitement décentralisé de l’IA nécessitera des réseaux qu’ils prennent en charge un trafic important entre le dispositif et le cloud. Alors que les applications d’IA fonctionnent de plus en plus en temps réel, les entreprises se verront dans l’obligation de construire des réseaux optimisés pour la communication de machine à machine, où la latence et les environnements à un seul bond deviendront essentiels aux performances et à la réactivité de l’IA.

Au fur et à mesure que la capacité des réseaux à gérer les charges de travail de l’IA augmente, nous verrons les applications d’IA aider les opérateurs réseau à affiner les résultats de leur architecture. Grâce à la surveillance et à l’optimisation adaptative pilotées par l’IA, les réseaux deviendront toujours plus intelligents et plus efficaces, prêts à prendre en charge les exigences élevées des applications modernes d’IA.

L’IA va permettre aux cybercriminels de lancer des campagnes efficaces d’ingénierie sociale et de cyberattaque

De nombreuses organisations vont ainsi continuer de tirer parti de l’IA pour optimiser leurs performances, tout en étant prudents quant à l’échelle et à la facilité d’utilisation de l’IA. Selon le Rapport de défense numérique Microsoft 2024, les cybercriminels développent et utilisent des techniques d’attaque émergentes alimentées par l’IA. En 2025, on peut s’attendre à voir davantage d’acteurs mal intentionnés utiliser l’IA pour la création de logiciels malveillants très sophistiqués.

En se centrant sur les cybermenaces alimentées par l’IA, attendez-vous à une recrudescence des attaques de type « deep phishing » cette année – des campagnes basées sur l’IA qui portent le « spear phishing » à un tout nouveau niveau de sophistication. Contrairement à l’hameçonnage traditionnel, le « deep phishing » exploite les médias synthétiques pour créer des usurpations hyper-réalistes d’individus de confiance, tels que des cadres ou des collègues, impliquant des cibles avec des messages audio ou vidéo personnalisés, pour créer un faux sentiment de sécurité. Cette approche basée sur l’IA rendra presque impossible pour les destinataires de reconnaître les intentions malveillantes, ce qui entraînera une forte augmentation des violations réussies et mettre sur la table la nécessité de méthodes de détection avancées pour contrer ces attaques hautement ciblées.

Le plus inquiétant est la capacité de l’IA à rabaisser la barrière d’entrée dans le monde de la cybercriminalité. Vous n’avez plus besoin d’être un codeur compétent, par exemple. Toute personne ayant des intentions malveillantes et des outils de programmation assistés par IA peut maintenant rapidement produire de puissants logiciels malveillants, à grande échelle.

Pour se défendre contre toutes les menaces alimentées par l’IA, les organisations doivent égaler la vitesse et l’agilité des attaquants, sinon, elles risquent de prendre du retard dans cette nouvelle ère de cyber armement accessible. Éduquer les employés à reconnaître ces attaques est essentiel.

Les budgets de sécurité du réseau vont passer de la prévention à la réponse aux incidents

Alors que la protection des terminaux et des pares-feux restera essentielle, la surface d’attaque du réseau s’étend en raison de la dépendance croissante à l’égard du travail hybride, de l’IoT et des services cloud. Les menaces deviennent également de plus en plus sophistiquées avec l’aide de l’IA. C’est pourquoi, en 2025, les budgets de sécurité vont davantage se concentrer sur la détection rapide et la réponse agile pour contenir les failles, reflétant un abandon de la simple prévention. D’abord principalement utilisés par les grandes entreprises, les plans de réponse aux incidents et les tiers chargés de la contention deviendront très vite des priorités pour les entreprises de toutes tailles.

L’IA va assumer les rôles basiques de réponse aux incidents, mais les professionnels de la sécurité vont en souffrir s’ils n’évoluent pas rapidement
Comme cela a été établi jusqu’à présent, l’IA va devenir une partie intégrante des stratégies d’innovation technologique et de sécurité. Son influence va redéfinir la façon dont les entreprises opèrent et protègent leurs réseaux.

Avec un accent mis sur la détection rapide et la réponse agile, l’automatisation basée sur les données et infusée par l’IA servira de principale défense de première ligne. Ces systèmes agiront instantanément et de manière autonome, analysant les modèles de données, pour lutter contre les menaces sans le besoin d’une intervention humaine. Ils permettront également aux réseaux d’être plus adaptables, les défenses automatisées apprenant à évoluer en temps réel après chaque nouvel incident. Cela permettra aux entreprises d’être plus rapides, plus intelligentes et plus précises dans la réponse aux menaces émergentes.

Malgré les avancées de l’IA, l’élément humain va rester irremplaçable, des professionnels qualifiés restant essentiels pour libérer son plein potentiel. À commencer par les défenses basées sur l’IA, tout aussi efficaces que les experts qui les forment et les déploient. Le passage à un ensemble d’outils plus robuste alimenté par l’IA nécessitera également que les équipes de cybersécurité utilisent le temps ainsi gagné pour s’adapter rapidement à l’évolution des menaces. Il sera essentiel de développer une nouvelle expertise en interprétation de l’intelligence sur les menaces, en analyse complexe et en réponse stratégique aux menaces. Si la demande d’experts qualifiés et abordables dépasse de loin l’offre, les cyberattaques devenant inévitablement plus complexes, cela va créer une lacune importante dans la surveillance et va exposer les entreprises à de graves risques.

Conclusion

L’essor continu de l’IA influencera profondément l’avenir des architectures de réseau et de la cybersécurité au cours de l’année à venir. Qu’il s’agisse de répondre aux besoins du traitement décentralisé de l’IA ou de se défendre contre la menace croissante des cyberattaques alimentées par l’IA, les organisations doivent faire évoluer leurs stratégies pour gagner la course. Alors que l’automatisation pilotée par l’IA jouera un rôle clé dans la détection et la réponse aux menaces, plus rapides que jamais, l’expertise humaine restera essentielle pour optimiser ces systèmes et interpréter des scénarios de sécurité toujours plus complexes. Pour rester en sécurité dans ce paysage en évolution rapide, les entreprises doivent investir à la fois dans les technologies de l’IA et dans des professionnels qualifiés capables d’exploiter tout leur potentiel.

Une tribune proposée en exclusivité sur Goodtech.info par Erik Nordquist, Global Managed Security Product Director chez GTT Communications.

L’auteur, Erik Nordquist, est responsable du portefeuille Sécurité managée, incluant Firewall managé, DDOS managé et SASE managée, ainsi que GTT Secure Connect.  Après avoir accompagné ses clients dans les opérations sur le terrain, l’intégrité du réseau, la prévention des attaques DDoS et la gestion de la sécurité pendant plus d’une décennie, Erik a apporté son approche axée sur le client à la gestion des produits, où il offre un support client inégalé pour des services de sécurité et de réseau de premier ordre.

Publiée le 12 mars 2025 par GoodTech.Info

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